acquérir une oeuvre
La vidéo suivante montre bien l'idée d'une «oeuvre sur papier».
Elle présente le papier 100% coton pur chiffon sur lequel sont imprimées les oeuvres, et est placée ici à titre de simple exemple.
1- Qu'est-ce qu'une photographie d'art ?
Une photographie d'art, c’est une image qui va au-delà de la simple capture d’un moment ou d’une scène («snapshot»). Contrairement à une photographie de reportage, de mode ou de publicité, qui sert un objectif précis (informer, vendre, etc.), la photographie d'art est une forme d’expression personnelle qui peut même inclure des expérimentations techniques.
L’intention de l’artiste est primordiale.
Cette intention se distingue par plusieurs éléments de recherche esthétique. La composition est l’aspect de recherche esthétique le plus immédiatement visible : les éléments dans le cadre, la lumière et les ombres, les formes et les volumes sont soigneusement pensés. Vient ensuite le processus créatif. Il désigne la technique utilisée qui peut aussi jouer un rôle important. Certaines œuvres sont très travaillées en post-production, d’autres se veulent plus brutes ou captées spontanément, sur pellicule ou numériquement, voire par un processus hybride. Le thème (ou le sujet) s’impose ensuite. Bien que chaque photographie soit complète en elle-même, elle peut s’inscrire dans une série dont le fil conducteur crée un ensemble cohérent (photographie de rue, d’architecture, du nus, de portraits, de natures mortes, etc.) et ce, malgré la diversité des oeuvres uniques ou des techniques.
• la famille des arts sur papier
La famille des arts sur papier englobe un ensemble de pratiques artistiques qui utilisent principalement le papier comme support ou médium. Cela inclut non seulement le dessin, mais aussi la gravure et l’impression (la linogravure, la taille-douce -burin, pointe sèche, eau-forte-, la sérigraphie, la lithographie, etc.), l’aquarelle et la gouache, la calligraphie, le collage et le découpage. Ultimement, on peut inclure le livre d’art.
Bien que la photographie soit un médium différent par sa source argentique négative ou numérique (son phototype), voire par les monotypes des procédés anciens (collodion humide et autres), elle fait partie des arts sur papier dès lors que les images sont imprimées sur du papier photographique argentique ou du papier imprimé à jet d’encre. Cette ultime étape lui donne sa matérialité .
• types de papiersLe papier mat 100 % coton sans texture est conçu pour offrir une surface non réfléchissante. Ces papiers ont une surface lisse, qui offre une reproduction des détails très précise et une gamme tonale particulièrement riche. Il est souvent préféré pour les œuvres d’art où paradoxalement la texture des objets photographiés est primordiale. Le mat offre un aspect plus doux et plus classique aux impressions.
• critères de longévité
Les papiers et les encres classés de «qualité muséale» ou «archivistique» sont spécialement formulés pour garantir la préservation de l'œuvre à travers le temps. La combinaison de ces deux éléments garantit une durabilité supérieure, avec des tirages qui peuvent durer plusieurs décennies, voire des siècles, lorsqu'ils sont correctement stockés. Une protection supplémentaire (comme des cadres sous verre anti-UV) peut prolonger la durée de vie des tirages.
Les encres à jet d'encre peuvent être classées en plusieurs types dont les encres pigmentaires et les encres à base de colorants. Les encres pigmentaires sont de loin les plus durables. Elles sont basées sur des particules de pigment suspendues dans un liquide. Les encres pigmentaires peuvent durer de 50 à 200 ans sous des conditions de conservation normales, à l'abri de la lumière directe (voire plus dans certaines conditions) avant de commencer à s'altérer ou à se décolorer, en fonction de la marque et des tests de résistance. Les encres à base de pigments sont également plus résistantes à l'humidité et à l'air, ce qui contribue à leur longévité. Les papiers à base de coton sont considérés comme les meilleurs pour les impressions d'art de qualité muséale. Un bon tirage de qualité muséale doit pouvoir avoir une bonne résistance à la lumière (test de Fading, norme ISO 18920).. Le coton est naturellement sans acide, sans lignine et très stable, ce qui permet au papier de durer longtemps sans se détériorer. Les papiers en coton sont également plus résistants aux déformations et aux moisissures. Les papiers en coton archivables peuvent durer plus de 200 ans s'ils sont stockés correctement, avec un minimum d'altération de la texture et de la couleur. Les papiers de qualité muséale sont souvent identifiés comme étant sans acide avec un pH neutre pour éviter tout risque de jaunissement ou de détérioration au fil des années. Les conditions de stockage jouent également un rôle clé dans la longévité des tirages.
2- Que sont les éditions à tirages limités ?
Les éditions à tirage limité se réfèrent à des œuvres artistiques (principalement des œuvres imprimées, comme des photographies, des lithographies, des gravures ou des sérigraphies) qui sont produites en un nombre limité d'exemplaires. Cela signifie qu'une œuvre n'est imprimée qu’à un nombre précis d'exemplaires, et ce nombre ne doit pas être dépassé. Le nombre de tirages doit être annoncé au moment de la mise en vente de l’œuvre et figure souvent sur chaque exemplaire (par exemple : 5/30, ce qui signifie que l'exemplaire est le 5e d'une série limitée à 30 exemplaires). Dans le cas des tirages limités, chaque exemplaire est généralement numéroté et signé par l'artiste, ce qui le distingue des reproductions ou des impressions à grande échelle.
• les droits d'auteur, la signature, l'identification et la numérotation
L'édition à tirage limité fait partie du cadre du droit d'auteur, qui est une protection juridique accordée à l'auteur d'une œuvre de création. Selon la loi sur la propriété intellectuelle l'auteur a des droits exclusifs sur l'œuvre qu'il a créée, y compris sur la manière dont elle est reproduite et diffusée. Pour qu'un tirage limité soit valide et authentifié, il est souvent accompagné de la signature de l'artiste, ce qui garantit que l'œuvre a été réalisée ou validée par l'artiste lui-même. Cela est essentiel pour la preuve de l'authenticité. Un tampon peut aussi être apposé au dos du tirage avec des informations techniques supplémentaires.
L'éditeur d'une œuvre à tirage limité (qu'il s'agisse d'un photographe, d'un artiste ou d'une maison d'édition) a plusieurs obligations légales. L’éditeur ne peut pas dépasser le nombre de tirages spécifié sans en informer l'acheteur. Cela préserve la rareté de l’œuvre. L'artiste conserve son droit moral sur l'œuvre, même si l'édition limitée est commercialisée. Cela inclut le droit de paternité (l'artiste est reconnu comme le créateur) et le droit à l'intégrité de l'œuvre (l'artiste peut s'opposer à des altérations de son œuvre). Certains tirages peuvent être marqués par «H.S.» (exemplaire hors série) ou encore «É.A.» (épreuve d’artiste: essai ou exemplaire privé de l’artiste antérieur à la série finale) pour signifier qu'ils ne font pas partie du tirage officiel limité, souvent réservés à l'artiste, à des fins de présentation ou pour des collectionneurs spéciaux. Ces exemplaires hors-série ne sont pas comptabilisés dans le total du tirage limité. L’acquéreur est propriétaire de l’objet qu’il a en sa possession (un tirage no x/xx de format y), mais l’artiste demeure le propriétaire du droit d’auteur sur l’image.
• formats et quantitésLes tirages d’une édition limitée (par exemple, une édition de 30) peuvent être édités en différents formats, tant que l’édition ne dépasse pas les 30 exemplaires. Ainsi, un acquéreur pourrait obtenir un tirage de 10 x10 pouces numéroté 1/30 et un autre acquéreur obtiendrait un tirage de 30x30 pouces numéroté 2/30.
3- Quelles sont les différences entre un moniteur d'ordinateur et une photographie originale sur papier ?La différence réside fondamentalement sur les plans de la perception sensorielle et de la qualité d’image. Cela est dû essentiellement à la manière dont la lumière est produite et interagit avec le sens de la vue. Regarder un écran, c’est comme regarder directement une lampe ou un arbre de Noël, et regarder un tirage papier, c’est regarder un objet éclairé par la lumière ambiante, comme on regarde une tableau ou un meuble.
• écran rétroéclairé (moniteur, tablette, etc.) et papierLes moniteurs d'ordinateur utilisent des technologies d'affichage basées sur des pixels (petites unités lumineuses), comme les écrans LCD, LED, ou OLED, qui peuvent afficher des millions de couleurs. Ces «pixels» (mot valise venant de l'anglais «picture elements») sont composés de lumière et non de pigments ou de matières physiques. Ils utilisent des diodes émettrices de lumière pour créer une image. Les couleurs affichées peuvent varier selon le type d'écran (OLED, LED, etc.), la calibration de l'écran, et la lumière ambiante. Les écrans numériques utilisent des systèmes de couleurs additifs (RGB : Rouge, Vert, Bleu), ce qui signifie que les diodes elles-mêmes génèrent les couleurs. Le moniteur affiche des images lumineuses rétroéclairées, ce qui peut donner une perception spectaculaire, plus «allumée». Cette lumière peut rendre les couleurs plus brillantes et plus vibrantes, mais aussi moins nuancées. Les couleurs peuvent paraître saturées ou artificielles, et le contraste entre zones claires et sombres peut être plus prononcé. Cela rend aussi l'image accessible à tout moment, mais elle manque de la notion de propriété physique et de rareté qui accompagne une photographie originale. La perception de l'image photographique est donc médiatisée par la technologie.
Dans une photographie imprimée, les couleurs sont créées par des pigments ou des encres déposées sur le papier. L'image est constituée de matière physique qui interagit avec la lumière de manière différente: le papier absorbe la lumière et la diffuse. Cela donne un rendu plus naturel et souvent plus riche en texture, ce qui peut produire une chaleur ou une douceur perceptible dans les tons et les ombres qui manque souvent sur un écran. Une photographie sur papier a donc une texture physique qui influence la perception de l'image. Par exemple, des papiers mat, brillant ou satiné modifient la manière dont la lumière interagit avec l'image. La perception de l'image peut donc changer selon l'éclairage ambiant, ce qui peut ajouter une dimension vivante et changeante à l’œuvre. Paradoxalement, cela donne une perception plus sobre, moins «allumée». En tant qu'objet physique, la photographie imprimée invite à une interaction plus personnelle et plus tactile. L'observateur peut examiner les détails de l'image et en sentir l'immédiateté matérielle. La reproduction des couleurs sur papier dépend du type de papier, des encres utilisées, et de la qualité de l'impression. Les techniques comme les impressions pigmentaires peuvent offrir des couleurs très riches et durables. De plus, la lumière ambiante qui se reflète sur le papier change la perception de l'image selon l'angle d'observation, offrant une expérience plus dynamique. En effet, le papier crée un effet plus réel, dans le sens où les images semblent moins artificielles et plus naturelles. Cela est particulièrement vrai pour les impressions en haute qualité, comme les tirages pigmentaires, qui produisent une large gamme de couleurs et de détails. Par exemple, une photographie imprimée peut montrer une texture fine, un détail d'une peau ou d'une surface qui semble vivant ou réel.
Copyright © Dominique Lafleur 2025. Tous droits réservés.